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Jacques Tixier

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Des Questions


Accueil > Archives > Publié le 04/07/2014

La compétitivité française et européenne.

Nos représentants nous répètent régulièrement que nous sommes un grand pays, que nous devons nous réformer pour maintenir la grandeur de la France. C’est un objectif souhaité par tout le monde mais on a déjà un problème de diagnostic, car la France est un petit pays en difficulté économique, sans poids politique avec une puissance militaire restreinte. Une fois ce constat effectué, nous avons parallèlement des atouts, un patrimoine culturel, un secteur agricole performant, des entrepreneurs innovants et volontaires, mais nos entreprises doivent faire face à une concurrence internationale féroce tout en devant supporter un marché local sclérosé et verrouillé par nos instances.

La réponse à cette concurrence ne peut être qu’internationale, et pour cela nous avons un formidable outil avec l’Europe. Il faut rappeler qu’elle est le premier marché économique mondial. En prendre conscience et se battre à cet échelon nous donnerait beaucoup de pouvoir. Au lieu de ceci, nos représentants pour éluder leur carence l’utilisent comme bouc émissaire.

L’Europe est certes, loin d’être parfaite, mais ceci est dû par la recherche continuelle d’intérêts nationaux et individuels. Si on décidait de travailler ensemble, tout le monde en sortirait gagnant. Il est évident que chaque pays est dans une situation différente, que tout ne peut pas être harmonisé du jour au lendemain, mais si on n’y travaille pas, on est sur de ne pas y arriver.

Il faudrait parler de culture européenne ce que l’on ne fait pas, alors qu’elle existe et que c’est l’essence du travail en commun. En France, se pose-t-on la question de savoir, que l’Ile de France fait vivre la France et que la province nourrit la population ? C’est basique mais c’est l’essence d’une communauté.

De même, la barrière de la langue nous coute très chère, parlons-en. Les Bretons sont attachés à leur terre et à juste titre, mais ils sont également attachés à la France, et dans une moindre mesure à l’Europe. Savoir parler l’Anglais ne les empêchera pas d’aimer leur région et pays.

On se bat entre européens pour sauvegarder son pré carré, pendant ce temps les Américains rigolent avec leur marché local immense et son potentiel beaucoup plus important que celui d’un Etat européen, ce qui leur permet d’avoir des sociétés plus fortes.

L’Etat Américain est très protectionniste et n’hésite pas à infliger des contraintes et amendes disproportionnées aux sociétés étrangères, et nous pendant ce temps, on ne peut sauvegarder nos sociétés en difficultés, on s’impose les règles financières de Bâle qui ont pour conséquence d’assécher le crédit et l’économie européenne, alors que la crise financière est venue des Etats-Unis et qu’eux-mêmes n’ont pas ces contraintes.

On a aujourd’hui un système de tva européen que plus personne ne comprend, ce qui génère de la fraude, des contentieux, du travail administratif sans la moindre valeur ajoutée. Il coûte des milliards d’Euros au seul motif qu’il ne doit pas y avoir un euro de décalage dans la redistribution de la tva entre chaque pays.

Et pendant ce temps, les sociétés hors UE ne payent pas de charges sociales, tva et d’impôt pour leur activité en Europe. On perd donc des milliards d’euros, qui doivent être supportés par la population et les sociétés européennes. Et après, on s’étonne de leur manque de compétitivité.

On cherche des solutions nationales à des problèmes internationaux, on regroupe des régions ce qui ne servira pas à grand chose (la fusion des départements aurait été beaucoup plus efficace mais il fallait protéger les mandats de nos représentants), alors que la question est peut être d’identifier une région comme la France au niveau de l’Europe.

Cette intégration européenne est inéluctable, elle prendra du temps mais il faut la lancer rapidement, il faut s’interroger sur un budget et un impôt européen autonome avec des représentants qui doivent avoir une légitimité. Les règles ont changé, les flux économiques ont changé, il faut l’intégrer dans nos décisions.

Il faut se réformer au plus vite, par exemple on parle du manque de compétitivité de l’industrie française, qui proviendrait du coût de la main d’œuvre peu payée et qualifiée, mais la réponse n’est pas là, car ce qui peut permettre à notre industrie d’être compétitive, c’est l’innovation et des ingénieurs qui ont forcément des rémunérations plus élevées.

De même l’industrie n’est pas la seule activité permettant de faire rentrer des devises, les prestataires peuvent également le faire mais là aussi il s’agit de gens qualifiés, des éditeurs français ou européens exportent leur technologie et leur savoir faire.

Regardez ce que peuvent générer des sociétés comme google, apple, facebook, malheureusement toutes ces marques connues sont étrangères. De même la matière imposable change, on a l’habitude de taxer du patrimoine et des revenus, il faudrait aussi se tourner vers d’autres pistes comme taxer les flux.

C’est bien d’avoir des impôts selon le nombre de fenêtres de sa maison, mais les capacités contributives supplémentaires ne sont pas là. L’écotaxe est une idée, la taxe sur les flux financiers également, une réflexion doit avoir lieu pour donner des moyens financiers à l’Europe.

L’harmonisation fiscale européenne est nécessaire, si une entreprise veut vendre des produits en Europe, elle devrait y payer des impôts, et ne plus bénéficier de la surenchère des Etats européens dans l’accueil et les exonérations des impôts, surtout que ces sociétés payeront si on leur impose, le marché européen est trop vaste pour qu’elles le quittent.

En prenant ces décisions, nos entreprises retrouveront mécaniquement de la compétitivité. Les réformes que nous devons engager doivent être réfléchies et étudiées, on est actuellement en situation financière difficile, donc on décide d’annuler tout investissement même si ceci coûte le double à une échéance moyen long terme.

Par exemple aucun investissement massif dans les infrastructures de l’Ile de France n’a été engagé depuis des décennies. Résultat, des milliards d’euros et du stress sont perdus dans les bouchons. Ensuite on décide de réduire les budgets de x pourcent chaque année sans accompagnement, les hôpitaux sont dans une situation critique alors qu’ils ont un personnel formidable et dévoué.

L’Etat se désengage auprès du secteur privé, mais au final payons nous moins chère notre système de santé avec des mutuelles au système opaque, des coûts en hausse régulière sans assurer la solidarité nationale ? Réduire les dépenses de l’Etat au détriment de la qualité ne fera que décaler le problème.

On réduit le budget des collectivités locales de façon drastique sans les accompagner et leur donner les moyens de faire des économies et de se réformer. Il doit y avoir une vingtaine d’années, on a réformé les centres des impôts en leur donnant un outil informatique et en fusionnant les centres des impôts et les trésoreries qui engendraient des doublons importants. Ceci a été dur, a pris du temps mais aujourd’hui Bercy en tire les fruits avec une organisation efficace, à un coût qui semble maitrisé, et un service de meilleure qualité. Si on n’aide pas et n’accompagne pas les collectivités, toutes les petites auront d’énormes difficultés à se réorganiser, et nous allons avoir des défauts des paiements dans les 2 prochaines années.

Par exemple cette fusion du comptable et du trésorier ne doit elle pas être réalisée comme l’ont fait les impôts ? Une réflexion sur l’organisation des communes et les intercommunalités ne doit elle pas avoir lieu ? L’aide sociale ne doit elle pas être gérée au niveau régional ou national ? Et il ne faut pas oublier la fusion des villages qui est indispensable.

Arrêtons ce gaspillage, nous n’en avons plus les moyens, que les gens à Bruxelles travaillent au développement de l’Europe et de sa population et non pour leurs Etats respectifs, que l’on simplifie tous ces textes inutiles et complexes, que l’on se réforme après une réelle concertation, que l’on ne cède pas au lobbying, que l’on responsabilise nos élus (un dirigeant d’entreprise peut être condamné pour faute de gestion mais je n’entends pas ce cas de figure pour un élu) sans faire de la chasse aux sorcières notamment auprès des petites communes où le travail est méritoire, tout en n’oubliant pas la redistribution car une Europe développée veut aussi dire une Europe qui ne laisse pas les gens de coté.



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