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Jacques Tixier

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Accueil > Archives > Publié le 13/12/2009

La réforme du plan comptable et des comptes annuels ?

 

A quand la réforme du plan comptable et des comptes annuels « comptes sociaux ».


La dernière modification du plan comptable général remonte à bientôt 30 ans. Ceci est très surprenant dans un contexte où l’on modifie régulièrement les règles comptables internationales. Il est vrai que les comptes annuels intéressent assez peu la spéculation financière qui s’est focalisée et a obtenu l’application de la juste valeur au contraire de la valeur historique. Ceci « entre parenthèse » a permis d’alimenter la spéculation et la constitution de bulle financière, sans apporter de la valeur ajoutée et visibilité économique des différents acteurs. Dans le contexte financier d’aujourd’hui on semble vouloir revenir sur cette fuite en avant mais pour combien de temps.


En ce qui concerne les comptes sociaux, on peut par contre être surpris de l’absence d’évolution depuis de nombreuses années sans le moindre débat alors que notre société évolue de plus en plus vite. La présentation comptable actuelle répond à un contexte économique antérieur concentré essentiellement sur des activités industrielles ou commerciales.


Aujourd’hui le secteur de la prestation prédomine, la sous-traitance, l’externalisation, sont des outils de gestion courant et important, et la comptabilité actuelle n’est absolument pas adaptée à ces cas de figure. Pour certaines sociétés ceci constitue le cœur de leur activité, on retrouve des entreprises qui assurent la maîtrise d’œuvre d’une prestation et font appels à différents prestataires. Ce phénomène est également présent dans les activités « classiques » comme le bâtiment qui auparavant assuré la production de ses chantiers avec ses propres salariés alors qu’aujourd’hui on trouve des promoteurs qui sous-traitent l’ensemble des travaux ou partiellement. On se retrouve dans ce cas dans une notion de marge mais ceci ne peut être mis clairement en valeur dans notre compte de résultat actuel. Il faudrait pouvoir isoler cette sous-traitance au même titre que l’achat et la vente de marchandises, sachant que malheureusement on ne peut utiliser ces comptes, car à ce moment se pose d’autres problèmes comme la tva puisqu’elle est due, dans un cas lors de la vente de la marchandise, et dans l’autre au règlement de la prestation, ce qui conduirait à un contrôle fiscal immédiat.


Autre exemple, la production immobilisée est considérée comme un élément de la production de l’entreprise. Ceci pouvait auparavant se justifier, puisque les entreprises qui connaissaient une baisse d’activité, ou par choix, décidaient d’affecter leurs salariés à la construire d’un entrepôt, le faisaient au détriment de leur chiffre d’affaires ce qui mécaniquement réduisait leur production de l’année. Dans ce cas considérer cette production immobilisée en quasi chiffre d’affaires est logique. Par contre, comptabiliser de la même façon les dépenses de recherche et de développement, a pour effet d’augmenter artificiellement la production de l’entreprise et son excédent brut d’exploitation. Cet investissement a bien évidemment une valeur mais on ne peut pas le traiter au même titre que du chiffre d’affaires.


Ces exemples expliquent que la bonne lecture d’un compte de résultat est aujourd’hui impossible en l’absence du détail des comptes, et pour un non initié. Cette absence d’évolution est d’autant plus surprenante qu’il existe à l’étranger des modèles intéressants ou la notion de coût variable, de coût direct existent, et sont parfois utilisés en France (en complément des règles comptables françaises) dans certains secteurs comme la restauration. On créé des comptabilités analytiques car la comptabilité générale ne nous apporte pas la visibilité économique nécessaire, mais pourquoi n’essayons nous pas de déplacer la comptabilité générale vers la comptabilité analytique, et ainsi permettre une meilleure lecture économique. On ne peut bien évidemment répondre à tous les cas de figure mais je n’ose croire que l’on ne puisse parvenir à quelque chose de plus cohérent et plus lisible qu’aujourd’hui. On peut distinguer les coûts fixes des coûts variables, les coûts directs et indirects même si la barrière est là aussi difficile à placer. La comptabilisation par nature est clairement insuffisante.


Le bilan a également des carences. A aucun moment une ligne d’un bilan n’est expliquée, pourquoi les différentes lignes ne seraient pas expliquées plus en détail dans l’annexe, alors que ce dernier n’est qu’un amas de tableau conçu uniquement pour des raisons politiques, avec la volonté d’aboutir à quelques choses d’illisible. Le résultat de cette stratégie a d’ailleurs été excellent puisque même les professionnels ne savent pas toujours le compléter, et qu’il n’apporte aucune information si ce n’est parfois les règles et méthodes comptables. L’annexe devrait compléter les éléments du bilan, se greffer dessus, au lieu d’être des tableaux complémentaires avec des chiffres repris dans différents sens. De même la comptabilisation selon les coûts historiques fait l’objet de critiques mais ce problème serait fortement atténué si l’annexe détaillait les différents actifs avec éventuellement une estimation de leurs valeurs.


Un autre gros inconvénient du bilan et qu’il devrait faire ressortir davantage les éléments de trésorerie car une société bénéficiaire peut très bien être en état de cessation de paiement, et pour un non professionnel ceci n’est pas apparent. La trésorerie devrait ressortir plus fortement ainsi que ses composants comme le cash flow. Le lecteur doit savoir quels sont les flux de trésorerie et comment on passe du résultat à la trésorerie. De même les incorporels comme la r&d doivent avoir un traitement spécifique car ils influencent autant le compte de résultat que le bilan.


En conclusion, les comptes annuels sont aujourd’hui opaque et peu lisible, et ne devons nous pas aujourd’hui évoluer vers plus de transparence, une visibilité plus grande afin d’instaurer plus de confiance entre les acteurs, et peut être soyons optimiste réconcilier les français avec les chiffres.





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