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Jacques Tixier

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Accueil > Archives > Publié le 05/01/2011

Comment gérer la croissance de son entreprise

"On commence chez soi, ou dans un local mis à disposition gratuitement ou contre un faible loyer par une connaissance. Voilà comment s'effectue la création de nombreuses entreprises. Mais rapidement certaines connaissent un succès et se pose dés lors la difficulté de gérer cette croissance.

On se retrouve à devoir tout gérer, les problèmes de production, commerciaux, management, et bien sur financier. Dans un premier temps le chef d'entreprise se démultiplie pour assurer ces différentes fonctions, puis une ou deux personnes viennent l'assister mais ensuite il doit rentrer dans une démarche plus globale en déléguant différentes fonctions.

On peut regrouper les difficultés à gérer la croissance en 2 postes :

         - Management et stratégie

         - Financier

1°) Management et stratégie

Une des premières difficultés est d ordre intellectuel, puisque le dirigeant d'une tpe est avant tout un bon commercial et un bon technicien. En grandissant il devient un manager, ce qui fait appel à des compétences bien différentes. Il doit avoir conscience qu'il ne peut tout maîtriser, il doit laisser la place à la discussion et écouter son entourage même s'il conserve ses prérogatives décisionnaires.

Certains dirigeants peuvent craindre la perte de pouvoir alors qu ils peuvent l'exprimer de façon différente que par l'autorité technique. Ce pouvoir peut s'exprimer en gérant, suivant, et contrôlant le travail de son encadrement, tout en définissant les grandes orientations à suivre.

Le dirigeant devra donc trouver un staff autour de lui, sur lequel il pourra s'appuyer, ce qui est difficile car trouver des gens compétents, et de confiance, est toujours un chemin tortueux qui prend beaucoup de temps.

Ceci est toutefois fondamental car la dynamique d'une start up va reposer sur quelques personnes, qui vont influer cette énergie et s'assurer la mise en vre de la stratégie de l'entreprise. Cette délégation permettra, de mieux valoriser financièrement l'entreprise qui sera moins dépendante du dirigeant, et de dégager un peu de temps au dirigeant afin qu'il ne soit pas continuellement « la tête dans le guidon » et ne pas perdre de vue la stratégie de l'entreprise.

En effet le temps est toujours précieux et il faut absolument en conserver pour définir les orientations de l'entreprise.Le dirigeant et son staff doivent structurer l'entreprise, que chaque fonction de l'entreprise soit organisée, en mettant en place des procédures, ce qui est souvent négligé par manque de temps et du fait de l'évolution très rapide de la société qui mécaniquement modifie son organisation.

Les starts up se retrouvent parfois à s organiser et recruter pour résoudre un problème actuel et non pour anticiper celui de demain, même si ceci n'est pas toujours de leur fait car il peut être difficile de recruter. En effet il manque de personnel compétent dans de nombreux secteurs, et comme les starts up doivent aller vite, elles ont forcément des taux d'échecs plus élevés dans leur recrutement.

Ce travail sur l'organisation de l'entreprise est compliqué et récurrent puisqu à chaque étape, que ce soit de 2 à 5 personnes, puis 10, 20 et 50... les modifications sont importantes. Ce travail doit bien sur s'effectuer avec un outil informatique qui doit être pensé et budgété préalablement.

Cette difficulté d organisation est accentuée par le fait que ces sociétés de croissance n'ont souvent pas le temps de former le personnel rentrant, transmettre le savoir faire avec les conséquences que ceci peut avoir auprès de ces clients, mais également en terme financier car il faut dans ce cas beaucoup plus de temps, pour que le personnel soit productif.

Il est donc important de pouvoir gérer cette difficulté afin d'éviter cette surchauffe qui est très préjudiciable et couteuse pour l'entreprise. Dans la mesure du possible il vaut mieux devoir gérer et supporter une surproduction qui sera de toute façon temporaire avec la croissance de l'entreprise plutôt que l'inverse. La croissance coute chère et la surchauffe très chère car elle est difficile à corriger, le dirigeant se retrouve souvent déborder et ne peut recruter et former du personnel dans de bonnes conditions, ce qui peut avoir un effet boule de neige.

Par contre un effet bénéfique de la croissance est qu'elle est naturellement source de motivation et de dynamique pour le personnel, il est humainement appréciable de travailler avec cette perspective de croissance aussi bien sur la nature de son travail, de son statut, de sa rémunération.

2°) Financier

Les sociétés françaises manquent souvent de fonds propres, ce qui les fragilisent d'autant plus qu elles grandissent.

En effet il faut une adéquation entre les fonds propres et la taille de l'entreprise, car sinon à la moindre difficulté la société peut disparaître.

Une start up peut avoir différents postes à financer. Il peut s'agir de matériels, de logiciels ou assimilés, de la croissance externe, mais également du cash flow négatif comme de la recherche et développement, de la conception de son produit, des développements commerciaux, même si certains de ces postes peuvent comptablement être rattachés à l'actif du bilan.

Ces investissements sont généralement bien anticipés, au contraire du BFR, qui peut monopoliser des montants importants de trésorerie, d'autant plus que travailler son stock ou son en-cours client est rarement dans les préoccupations des jeunes sociétés, qui concentrent leur énergie sur d'autres postes jugés plus importants.

Les finances des sociétés en croissance sont toujours difficiles car outre les difficultés évoquées précédemment, l'environnement économique leur est peu favorable. Par exemple, le bail commercial qui a été construit pour protéger les commerçants, est inadapté aux prestataires de services alors que ce secteur est moteur dans la création de l'emploi en France. En effet, une société de croissance va par définition avoir besoin d'une surface en progression constante, et devoir changer plusieurs fois de locaux, et dans ce cas le bail commercial est une contrainte puisqu on doit louer le bien au minimum 3 ans sauf à avoir un bail précaire ou être dans une pépinière, mais on en trouve peu. Dés lors une société peut se retrouver à payer des baux tout en ne les occupant plus. Ceci est assez aberrant surtout quand on voit le prix des loyers. De plus lors de la signature du bail on va souvent exiger des garanties supplémentaires à la société car elle est jeune.

Pour toutes ces raisons il est nécessaire d'anticiper les prévisions de trésorerie et prévoir une marge de manoeuvre financière car les aléas peuvent être nombreux et qu'une rupture est souvent synonyme de disparition, sans parler qu'il vaut mieux négocier quand on a de la visibilité et non lors de difficultés financières.

Aujourd'hui, il existe des solutions pour financer sa croissance quelque soit les étapes de développement de l'entreprise, à travers les business angels, les fonds, ou des organismes comme oséo. Par contre leur mise oeuvre est peu connue, disparate, chronophage, et nécessite souvent de se faire assister de conseil. Trouver de bons investisseurs n'est pas facile, leur profil peut être très différent, certains imposent des contraintes de managements et de reporting qui peuvent être lourdes, il est bien d'avoir des investisseurs qui soient présents pour vous aider, vous conseiller sans entrer dans la gestion, et qu'ils vous apportent leur expérience et réseau. De même ils peuvent constituer une image vis-à-vis des tiers. Et bien sur ceci passe préalablement par la valorisation de l'entreprise et des négociations parfois difficiles."



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